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Comme un jeudi ( la suite )

Publié le 10 novembre 2009 par Dominique
COMME UN JEUDI ( LA SUITE )

 

 

 

JEUDI

C’était la fin du prélude d’un roman, l’histoire d’un homme et d’une femme charnellement et irrésistiblement attachés l’un à l’autre. Rien ne laissait présager des retrouvailles et pourtant…

 

 

ACTE  I

 

 

Lou avait écourté son séjour parisien pour n’en garder que les bons souvenirs, cette rencontre fortuite qui avait bouleversé ses projets .Elle avait songé, dans le train du retour qu’elle n’avait même pas rappelé son fils avec qui elle devait manger.

Benoit l’avait à ce point bouleversée, qu’elle en avait oublié son propre fils, cette omission l’avait torturée au point qu’elle avait décidé dans l’instant qu’elle ne reverrait jamais plus le responsable de cette torture.

Et pourtant, c’est bien à lui qu’elle avait songé tout le temps du voyage, se remémorant avec précision chaque scène plus ou moins érotiques qui les avaient rapprochés.

Il n’y avait guère que l’opéra ou la musique baroque  ou encore sacrée qui pouvaient effacer toutes traces visuelles résiduelles de la merveilleuse nuit qu’elle venait de passer.

Les écouteurs dans les oreilles, entortillées dans son vieux chandail de laine, elle s’était laissée emporter par la musicalité, jusqu’à s’endormir, ou plutôt somnoler, balancée par le rythme du train, dans un isolement total malgré la promiscuité. Pour la première fois depuis bien longtemps cette solitude qu’elle chérissait tant auparavant, cette solitude, elle l’avait ressentie comme un poids mort, une lourde charge accablante et destructrice.

Dans son demi sommeil, elle avait ressenti des mains l’effleurer, une douce fièvre s’installer inexorablement au creux de son ventre .Elle avait eu bien du mal à réfréner ses envies de se caresser, cette torture resterait la sienne .Elle avait mordu ses lèvres, croisé ses mains comme une enfant sage, tentant d’en ôter la moiteur et la fébrilité.

Une communication, un appel entrant, l’avait soudain arrachée à la frénésie fiévreuse qui l’habitait, interrompant brutalement les mélopées complices de sa volupté.

Elle avait répondu instantanément, presque inconsciemment.

« Allo, ben qu’est ce que tu fous, tu devais me joindre …

-Ju, je suis désolée, je suis dans le train !

-Ben tu aur…

-Allo, allo, merde plus de réseau…. »

La musique avait repris ses droits naturellement  presque aussitôt à nouveau interrompue.

 

« Ju !

-Qui est Ju ? Non c’est Benoit ! Où es-tu ?

-Dans le train, et toi ?

-Chez moi, mon épouse est rentrée ! Tu me manques !

-Où est-elle ?

-Pas loin, tout près .J’ai envie de toi…quand reviens-tu ?

-Je ne sais pas, aucune idée …je ne veux plus jamais te revoir

-Je ne te crois pas, je le ressens, un bruit sourd résonne à mon oreille, ton souffle court, l’intonation de ta voix a changé, dis le moi, dis moi que tu as envie de moi !

-J’ai envie de toi, j’ai le ventre en feu, la fièvre sur mes lèvres …Comment est-ce possible, dis le moi, je te connais à peine.

-Peux-tu te caresser pour moi, là maintenant …

-Arrête, tu veux me rendre dingue !

-Y a t-il quelqu’un à coté de toi ?

-Non je suis seule, nous avons passé Aix, le wagon s’est bien vidé !

-Alors caresse –toi, je veux t’entendre gémir, doucement, discrètement, je bande déjà rien qu’en songeant à tes doigts effleurer tes dentelles, ton sexe…

 -Peux-tu t’isoler, je veux que tu te caresses avec moi, je veux imaginer ta queue s’épaissir, grossir, se tendre …

-Oui attends … ! »

La musique avait repris ….

« Putain !, plus de réseau » avait-elle crié, interpellant involontairement les quelques voyageurs encore dans le wagon

« Excusez-moi…avait-elle alors murmuré

Personne n’avait levé le nez pour prêter attention à ce pardon public. Elle avait juré intérieurement. Benoit avait exacerbé son envie comme un beau diable et puis avait disparu dans le son de la musique, pour réapparaître.

« Où en es-tu, avait repris Benoit, où sont tes mains ? »

Elle avait sa glissé sa main libre sous sa jupe, remontant jusqu’à la lisière des bas

« Sous ma jupe, mes doigts glissent sous l’élastique de mon string

-Ote  ta culotte ! »

Elle s’était exécutée sans plus se faire prier et au même instant, pour je ne sais quelle raison, alors que la nuit était déjà tombée, la lumière avait vacillé, avant de s’éteindre complètement plongeant  le wagon dans une totale obscurité .Puis le train s’était immobilisé sur la voie , une voix nasillarde avec un fort accent méridional avait annoncé une panne électrique.

Benoit n’avait pas perdu un détail de la mésaventure, argumentant la scène qui se voulait rageuse, de détails plus coquins qui avaient accompagné Lou, jusqu’au bord du plaisir.

Ses doigts avaient trouvé une source érotique, qu’elle avait répandue sur son bouton gonflé de son désir de lui, lui qui lui murmurait des mots cruels et doux à la fois, des mots tendres ou plus irrévérencieux

Un doigt glissé en elle avait harmonisé son plaisir partagé avec la voix suave qui l’avait engendré, et lorsque la jouissance l’avait soudain comblée, son doigt s’était glissé entre ses lèvres, sur sa langue, comme si elle aspirait la queue bandante de Benoit, jouissant à des kilomètres de là dans sa main qui venait de le branler.

Pas une once de bruit n’était venu troubler le silence de la nuit, mais ils savaient tous deux qu’ils venaient de jouir.

 

Capables de jouissance sans même se toucher, c’était bien ce jour là qu’elle avait bien compris qu’il serait difficile de bien longtemps lui résister. Elle se rappelle de ses jambes tremblantes lorsque le train avait repris de la vitesse, de la lumière revenant doucement, et de cette jouissance secrète et illicite qu’elle avait tenté de prolonger …

L’amour n’est jamais aussi jouissif qu’au bord de la rupture .Elle lui arrache la cigarette, celle du condamné, l’écrase, mais non sans grâce dans le cendrier, remonte sa jupe étroite, jusqu’à la taille, entrouvre ses cuisses offrant l’érotique vision des portes jarretelles  autour d’une toison naissante, mais entretenue au dessus de ses lèvres,, puis chevauche Benoit et glisse sa tête au creux de son épaule, ondulante femelle en quête de tendresse.

« C’est nouveau, tu ne t’épiles plus ?

-C’est toi qui me l’appris, ne jamais tomber dans la monotonie ! Tu connaissais bien trop ma chatte, peut être que ce nouveau look te tiendra en haleine. »

Il sourit, elle sait qu’il a compris

Ils restent ainsi étreints, un moment, en silence, elle lui murmure je t’aime, enfin le croit-elle, car ces mots  restent scellés en elle.

Elle panique, le lui dit.

« J’ai si peur de te perdre !

-Tu ne le peux, jamais »

 

A SUIVRE...

 

 

 

 

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