Elle avait tout d’abord lu le courrier avec avidité, tout simplement parce que la présence de J.M lui avait manqué. Puis elle avait décortiqué le scenario provocateur qu’il avait imaginé, s’imprégnant de l’atmosphère de la situation érotique à laquelle il la conviait. Sans nul doute, n’avait-il pas été surpris de l’audace de ses derniers écrits, car vu la tournure que prenait la suite, il était incontestable que c’était bien la femme débridée qui le séduisait au travers de ses écritures. Elle avait aimé l’autoritarisme et la honte dont il voulait l’accabler.
Un, instant, elle avait imaginé, un rendez-vous secret, puis la scène dans une chambre où il l’aurait conviée, un hôtel particulier, la plongeant un instant dans un passé historique. Son imaginaire débordant l’avait soudain jetée dans un lieu similaire aux maisons de grande tolérance du XIX ème siècle. Elle s’était inventé une ambiance feutrée dans l’épaisseur de tapis persan, de silencieux domestiques discrets mais prévoyants, des entrées dérobées, la somptuosité d’une chambre démodée aux plafonds peints de fresques, ornée de lustres, de miroirs et autre dorures et tentures éclatantes. L’espace d’un instant, elle ne lui avouerait jamais, elle s’était glissée dans la peau d’une courtisane soumise aux désirs de son amant.
Mais rapidement, trop rapidement, le XXI ème s’était invité dans le silence de la pièce par l’entremise de la sonnerie retentissante de son téléphone.
Le miroir de sa bulle avait explosé en mille morceaux…la courtisane s’était retrouvée devant son clavier lumineux, le virtuel d’un modernisme plus anodin.
Et pourtant, cette question peu magnanime, à laquelle il lui demandait de répondre sans détour, était loin d’être bénigne. Il voulait savoir, il voulait connaître les limites de sa sensualité érotique. Il voulait tout simplement approfondir l’image qu’il se faisait de la personnalité de cette femme peu ordinaire, auteur à ses heures de nouvelles érotiques qu’il avait imprimées sur papier pour mieux s’en enrober. Au delà de son imaginaire débordant , il entrevoyait une femme dotée d’une très grande sensibilité que des amants peu scrupuleux avaient surement bafouée.
Elle avait longtemps hésité avant que de donner une suite, sa suite au mail audacieux puis avait fini par se mettre au clavier
"Bonsoir cher J.M
Je crains que vous n’ayez pas aimé ma tentative dominatrice, si je m’en réfère à votre dernier mail.
Je ne suis pas femme soumise, mais je devine dans votre requête un abandon sans condition à vos lubriques intentions. Est-ce l’image de ma croupe qui vous inspira la punition, quoiqu’il en soit, voici lé réponse à votre question.
« Avant même que je vous ai donné une réponse, votre main s'abat une nouvelle foi sur le reflet de mon outrecuidance à vouloir vous résister. C’est du moins ce que vous pensez, tant mon silence et ma désobéissance vous pousse encore à me claquer et à jouir de ces petits gémissements qui s'échappent de ma gorge. Mes seins s'affolent et ma corolle s’épanouit, gorgée de jus et d’impudeur, vous en devinez à présent les moindres replis.je vous provoque, enfouis ma tête dans les coussins , cambre ma croupe à me rompre les reins , vous offrant la vision de mon étoile brune offerte et déjà entrouverte avant même que vous ne l'ayez sondée.
Je ne vous réponds pas, je vous montre le chemin de la punition dont vous allez m'accabler, me combler...
Ma honte elle est ailleurs, le long de mes cuisses offertes ruisselle ma cyprine, jusque à mes genoux, abondante résurgence soudaine de mes désirs de vous sentir souiller ma lune.
Mon silence vaut réponse, je demeure insoumise à votre punition, et pourtant je la réclame effrontément, mes mains ouvrant mes fesses, mes doigts imprégnés du nectar humidifiant de façon servile l'étoile de votre enchantement ...
Vous aimez mon obéissance dans ma discrète insoumission. Qui ne dit mot consent, elle est la ma réponse! Nous sommes au diapason de nos désirs complices.
La douleur éphémère de votre introduction dans mon étroit fourreau m'arrache un "doucement "rapidement suivi d'un "prends moi maintenant, tout au fond de mon ventre, punis mon cul pour tant d'effronterie "
Vous avez gagné vous l'avez enfin votre réponse, je veux vous entendre dire "vous êtes pardonnée" quand dans l'assaut final entre mes reins vous vous déverserez comblé par l'étroitesse de mon fourreau interdit.
Oserez-vous alors me traiter de salope, ou bien me murmurer "j'ai vraiment adoré". »
Votre érotisme me torture, je vous envoie des baisers enfiévrés
D."
A suivre







Ajouter un commentaire