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la semaine des quatre jeudis : dixième jour

Publié le 04 septembre 2010 par Janjacq

la semaine des quatre jeudis : dixième jour c’est moi, parfois

résumé des épisodes précédents :
ce fut une dure semaine, riche en rebondissements de toute sorte
hier vendredi, vous avez su pour Sam… euh… Samedi, et aujourd’hui je crois bien que vous allez vous gagner un bon dimanche et un repos bien mérité
juste un dernier effort

La semaine des quatre jeudis

Auteur: Calliste
Documentaliste: Benjamin
Assistant technique: JjQ
Date: 31 mars 2010
Catégorie: 7 moi par fois (c’est moi, parfois)
Texte intégral (avant-dernier volet du texte intégral parce que c’était à suivre, comme un feuilleton, et que demain ce sera la fin)

la semaine des quatre jeudis : dixième jour Samedi

Mais parlons d’autre chose.

Comment? Vous êtes impatient de connaître la suite?
On pourrait peut-être prendre un thé avant de poursuivre, non?
Non? Eh bien, poursuivons:

Saoulé par des heures et des heures de faconde volubile, allongé de tout son long sur la paillasse qui lui servait de litière, Robinson plongea rapidement dans un profond sommeil. Sam s’était lui aussi assoupi, assis au pied de la couche, mais tel une bête traquée, il ouvrait l’œil au moindre craquement, au moindre battement d’aile de chauve-souris, au moindre ronflement un peu plus bruyant de son compagnon de… chambrée.
Robinson rêvait. Ses songes étaient peuplés de femelles nègres callipyges et en rut qui dodelinaient de la croupe en faisant des œillades. Il les chevauchait allègrement alors qu’elles lui griffaient les génitoires en passant une main entre ses cuisses… il sentait bien cette caresse bestiale… il durcissait… il sentait bien qu’une d’entre elles s’occupait maintenant fermement de ses fesses… il allait éclater… C’est alors qu’une énorme bourrade dans le dos le tira des bras de Morphée. Il ouvrit grand les yeux et constata avec effroi qu’il était empalé sur la turgescence de l’énorme braquemart de Sam, lequel mettait à le mettre un soin appliqué et béat.
- Ventre-saint-gris! cria Crusoé en se dégageant douloureusement.
- Hendrerit faucibus a libero… gémit le sauvage.
- Ventre-saint-gris! hurla Crusoé.
- Ven-dre-di? questionna alors piteusement Sam.
D’un bond plaintif, Robinson fut promptement sur pied. Il courut vers le fin fond de la grotte, vers une grande malle-coffre de cuir à demie éventrée qui s’y trouvait dans l’ombre et d’où il tira un slip oublié là depuis les lendemains du naufrage. Il enfila précipitamment le sous-vêtement, d’abord sens dessus dessous, puis par devant derrière, enfin à l’endroit et regagna la paillasse sans un mot. En s’allongeant et en se retournant vers la paroi fraiche et humide, Crusoé maugréa à nouveau:
- Ventre-saint-gris!
- Vendredi? lui répondit faiblement le nègre comme en écho.

Defoe rapporte dans ses notes que Robinson Crusoé lui avait affirmé avoir reçu une éducation religieuse des plus strictes, et que ce qui pourrait paraître un juron dans sa bouche n’était autre qu’une manière de conjurer le sort et d’éloigner également les mauvaises pensées. Chaque fois qu’il voyait l’outil de Sam prendre des proportions disproportionnées, chaque fois qu’il sentait le sien le taquiner peu ou prou, il appelait à son secours le Bon Dieu et tous ses Apôtres en se signant et en proférant comme un vœu, ou « comme une promesse » de bien se tenir, son sacro-saint « Ventre-saint-gris! ». Et puis…
Et puis, il dut abandonner le port de son slip qui partait en lambeaux. C’était pourtant un Calvin Klein coupe australienne de la meilleure des qualités qui lui avait coûté la peau du postérieur!
Et puis, Sam, à qui il apprenait patiemment notre langue et qui faisait des progrès étonnants, se mit à le moquer gaiement. Il éclatait de rire en répondant « Vendredi? » à tout coup.
Il faut que vous vous imaginiez aussi que le régime poisson à tous les repas avait fait perdre au garçon tous les kilos qu’il avait en trop. C’était devenu un très beau jeune homme d’une négritude resplendissante aux lignes harmonieuses et à la musculature racée.
Et puis… Il en va des belles promesses comme des bonnes résolutions de début d’année. Elles sont faites pour ne pas être tenues.

Par contre, ce que Daniel Defoe ne vous dira jamais, c’est qu’il cuisina de façon imbécile le « Vendredi? » interrogatif de Sam à sa sauce et qu’il en fit l’espèce de patronyme plutôt risible qui est parvenu jusqu’à nous.

Après trois années au moins, Robinson et Sam furent repêchés par un cargo battant pavillon panaméen dans des circonstances qui seraient trop longues à vous conter ici. D’ailleurs, elles sont hors de propos.
Dites, pourquoi ne liriez-vous tout simplement pas Defoe?

Que croyez-vous qu’il advint de nos héros?
Si vous lisiez Defoe, justement, vous apprendriez qu’ils sont rentrés en France et qu’ils habitent Paris, mais leur histoire s’arrête là.
Ami lecteur, sans attenter en rien à leur vie privée, on est en mesure de vous révéler que Robinson (il vient de passer la cinquantaine et il n’a que de petits ennuis de santé mineurs) et Sam (il a aujourd’hui quarante ans; il se porte comme un charme; il conduit leur Audi TT dans les rues de la capitale chaque fois qu’ils sortent; il est céramiste et il tient boutique au rez-de-chaussée de leur immeuble) vivent ensemble dans un bel appartement bourgeois de la Rue du Bac. Il y a déjà presque cinq ans qu’ils se sont pacsés.
Pas plus tard qu’un de ces jeudis soir, votre serviteur était chez eux pour une petite sauterie. Robinson, qui avait passé tout le début de soirée aux fourneaux, a servi comme à son habitude sa spécialité, le fameux boudin aux pommes dont on s’est régalé. Sam n’y a pas touché, il paraîtrait que sa nouvelle religion (il se serait récemment converti) lui interdirait… les pépins de pomme.
Si d’aventure vous passez Rue du Bac, arrêtez-vous au numéro 7. Sur l’interphone, il vous faudra appuyer le bouton où sont indiqués leurs deux noms:
 » S. Al-joumou’a / R. Crusoe « 
Vous pouvez leur annoncer sans crainte que vous venez de la part de Calliste, vous serez accueilli à bras ouverts.
Ils ont tellement souffert de leur horrible isolement prolongé, ces pauvres chéris, que chez eux, le visiteur de compagnie est toujours le bienvenu. Surtout si…
… ce dont on ne doute pas.

la semaine des quatre jeudis : dixième jour Saturday fight fever

Les lecteurs, unanimes:

Le berger allemand : Mais il ne se tait jamais?
Le pitbull : Je vais lui en mettre une et la lui faire fermer.
Le teckel : Moi, je ne prendrais pas de gant à votre place, vous avez bien vu que lui aussi il faisait tournoyer un poing fermé…
Le labrador : Tu crois, toi, qu’il est vraiment muet ?
Le basset artésien : Y a t-il un logopède dans la salle?
Le bichon maltais : Un pède? Où ça, où ça?
Le doberman : Hé, oh! C’est pas de la logorrhée, c’est une vraie diarrhée, il a davantage besoin des services d’un gastro-entérologue!
Le cocker : Quoi?
Le caniche : Il veut encore dire quelque chose…
Le boxer bringé : Encore? Bon, trois lignes, pas plus! Ou alors…
Le saint-bernard : On s’fâche pas!

Tous, dans un bel ensemble et d’une même voix : Allez, on est pas chien.

la semaine des quatre jeudis : dixième jour signé Calliste

la semaine des quatre jeudis : dixième jour

Samedi

la semaine des quatre jeudis : dixième jour

Saturday

offerts par God’s Prey © et par janjacq


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