Miss.Tic embellit la capitale depuis 1985 avec ses pochoirs assaisonnés de poésie. Ses lieux de prédilection sont la Butte aux Cailles, Ménilmontant, Belleville ou le Marais. Si pour elle "la poésie ébauche les contours d'une ville à colorier", ses pochoirs dépeignent l'image de la femme dans sa diversité.
Elle compose depuis plus de 20 ans une œuvre en miroir. Miroir de Paris d'abord où, soit on se heurte à ses phrases choc sur nos trajets quotidiens, soit on piste l'artiste jusque dans les ruelles inconnues qui font la beauté de notre capitale. Se laisser guider par Miss.Tic c'est recevoir Paris en cadeau. Miroir de l'âme avec ces maximes ressemblant parfois étrangement à des slogans qu'elle associe à des images féminines issues des magasines. Miss. Tic provoque, questionne, déclare. Elle propose mais ne s'impose pas. Ses œuvres sont éphémères, elles se dissipent sous les coups de karcher bien pensant.
Miss.Tic esquisse donc en pointillés, ou à la manière d'un puzzle, une image de la femme. Celle-ci est toujours sensuelle. Miss. Tic joue avec les représentations féminines que la société a dressé comme modèles. Si ses poèmes, courts et ludiques, sont pochés de noir, sa palette de couleur est celle de nos émotions : "je laisse à désirer", "j'ai couché avec une armée de sentiments", "j'ai des frissons tatoués sur la peau du souvenir", "entre volupté et vaisselle je ménage ton bricolage existentiel", "tes faims de moi sont difficiles", "trop peureuse pour être trop heureuse", "allez faire le mâle ailleurs" etc.
Elle précise sur son site : "Par provocation, j'ai inventé une fiction au rimmel littéraire et j'ai peint des femmes pour redonner du corps à la langue. Les images des femmes que je représente sont issues des magazines féminins, je les détourne. Je développe une certaine image de la femme, non pas pour la promouvoir, mais pour la questionner. Je fais une sorte d'inventaire des positions féminines. Quelles postures choisissons-nous dans l'existence ? Je ne dessine ni n'écris mon roman personnel. Il s'agit pour moi de prendre position en tant qu'artiste et en tant que femme dans la cité et dans le monde de la création. Créer c'est résister. J'ai résisté à tout sauf à l'amour parfois et à l'humour jamais."
Bien qu'artiste depuis des années, la Miss.Tic que nous connaissons aujourd'hui a pris forme à la suite d'une rupture mouvementée. Son compagnon de l'époque lui ayant dit qu'il ne pouvait plus "la voir en peinture". Elle commence donc à écrire des phrases sur les murs à l'aide de pochoirs. "C'était des messages pour lui, complètement sentimentaux, pas du tout engagés... Je n'ai pas signé de mon vrai nom; j'ai inventé "Miss.Tic", pour que l'on sache que c'était une fille, et pour me moquer des gens qui prenaient le chemin de Katmandou... Après, j'ai fait mon autoportrait, au pochoir : il a su que c'était moi".
D'une démarche intime, elle en a fait une œuvre artistique à part entière. Aujourd'hui son travail est reconnu, en France comme aux Etats-Unis et ses tableaux se vendent très honorablement sur le marché de l'art. Pourtant cela, pas plus que les multiples gardes a vues et procès, n'incitent Miss.Tic à remiser ses bombes au fond d'un placard. "Pourquoi? Parce que les tableaux, cela concerne un tout petit milieu. Tandis que dans la rue, le public est là. Je touche encore plein de gens, des jeunes de 15 à 20 ans ; je trouve génial d'être portée comme ça par les gens ; de faire un acte gratuit, que j'en ai les moyens ou pas".
Les pochoirs de Miss Tic ont du succès et se sont retrouvés sur quelques articles de marque (Ucar, le loueur de voitures, Oberthur etc.). En 2006 la marque de lingerie Nuits de Satin a approché Miss. Tic pour leur première ligne d'artiste. Passionnés de lingerie ancienne les patrons de Nuits de Satin s'attachent à faire " revivre l'excellence du passé pour les femmes d'aujourd'hui ". C'est ainsi que les deux ensembles créés par Miss. Tic (" Emois, Emois, Emois " et " Chair Amie ") donnent une couleur très années 50 à la soie et au satin. Les miniatures de pochoirs à répétition s'impriment sur des ensembles avec culottes à petits nœuds sur le coté et des nuisettes un brin rétro.
Si vous voulez découvrir Miss.Tic sans user vos semelles sur le bitume parisien, vous pouvez vous procurer ses livres. Quatre sont encore disponibles (Parisiennes, Miss Tic in Paris, Miss Tic attaque et Miss-Tic) et un nouveau titre paraîtra en Mars 2008 : Miss.tic : Comment taire ? Comment dire ?. Pour une première approche, une rétrospective de ses pochoirs est consultable sur son site officiel. Vous avez aussi la possibilité de rejoindre gratuitement le "Miss.Tic Fan-Club". Vous serez ainsi informés de ses expositions et actualités diverses, et recevrez des invitations aux vernissages. De plus le fan-club se chargera de vous délivrer une carte d'infidélité illustrée par la Miss. Profitez-en car, comme Miss.Tic l'affirme avec l'un de ses pochoirs : "je prête à rire mais je donne à penser".









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