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Initiation d'une fille (extrait)

Publié le 02 novembre 2011 par Siheni
Initiation d'une fille (extrait)
Ce soir-là – je ne me souviens plus de ce qui m’a conduite à en venir là -, j’ai commencé par lui parler de mes tête-à-tête avec ma psyché, enfreignant la loi du silence qu’il m’avait imposée. Puis provocante je lui ai dit soudain que s’il y avait une partie du corps qu’il était interdit d’évoquer chez nous et moins encore de toucher, c’était bien celle-ci au bout de son doigt tendu, qu’un génie avait nommée l’origine du monde.
Connaissait-il Courbet ? l’ai-je interrogé en l’attirant sur moi. Bien sûr il connaissait ce peintre, a-t-il répondu en fronçant les sourcils. Mais l’instant était-il bien choisi pour en discuter ? m’a-t-il grondée. Non, ai-je reconnu, heureuse qu’il ne me reproche pas mon audace et m’accorde cette trêve pour fêter nos retrouvailles.
C’est alors qu’il est parti d’un grand rire métallique qui a aussitôt déclenché le mien.
Pauvre Courbet ! Il n’entrait naturellement pas dans mes intentions de me mettre à discourir sur ses mérites ni sur la rigidité sinon le grotesque d’une éducation qui n’avait finalement servi qu’à me précipiter dans les bras de ce sportif raffiné !
Qu’avais-je désormais à faire de Courbet et de mes parents ?
‑ Si vous saviez, Monsieur !... Si vous saviez… !
Ça a été tout à coup la levée d’une véritable bourrasque. Je me rappelle nos rires mêlés, insensés, qui n’en formaient plus qu’un en somme. Ils ont fusé ensemble sous le plafond pentu.
Nous nous comprenions ; c’était tellement excitant, cette bourrasque de rires qui se nourrissaient de leur connivence comme autant de ma satisfaction qu’une vieille sourde un peu gâteuse nous écoute peut-être derrière la cloison.
Eh ! C’est qu’on ne riait pas tous les jours chez nous. Y baisait-on seulement ? De songer tout à coup à maman réduisait définitivement à néant la considération dans laquelle j’avais toujours tenu ses efforts pour me rendre odieux le moindre désir non conforme à l’idée qu’elle et mon père se faisaient d’une enfant « bien née ».
Un temps j’avais suivi scrupuleusement les conseils qu’on me prodiguait, y voyant la transmission d’un héritage familial qui m’assignait un rôle, droits et obligations compris.
Résultat : plantée devant ma psyché je considérais mes trous comme les portes de l’enfer, comme les symptômes d’une terrifiante maladie ces étranges rougeurs au front, ces moiteurs entre mes jambes chaque fois que la vue d’un quelconque représentant de la gent masculine me portait à croire qu’il était bien membré et que sans doute lui-même s’était mis à bander voire à juter en m’examinant à son tour.
Ah ! Se laisser engloutir par ce monde de promesses heureuses et s’y perdre… Y disparaître ! Longtemps Obélia avait été l’unique bénéficiaire des fièvres que me coûtaient mes frustrations.
Cet accès d’hilarité, auquel Monsieur et moi nous sommes abandonnés ce jour-là, m’a fait songer à un galop d’étalons en proie à la frénésie que provoquent chez eux les premières manifestations du printemps.
D’abord espacés les couinements du pauvre sommier ont eu tôt fait de s’y mêler en nous ramenant à l’exigence de nos appétits. Seuls en fin de compte ces derniers pouvaient justifier une telle effervescence. Car Monsieur avait déjà abordé le vif du sujet.
Le précipice, ah ! ce précipice qui m’avait fait tant rêver… Il me serait enfin autorisé de m’y laisser rouler. Puisque les vieux étaient partis et que nous nous souciions comme d’une guigne de notre voisine aux aguets.
Ce ne serait plus pour après ! Mais pour maintenant !
‑ L’origine du monde, hein ? a haleté Monsieur avant de retomber en soufflant sur mon corps impatient. Dis, vas-tu la fermer, petite salope ? Ne t’ai pas dit qu’une esclave est tenue de garder le silence en présence de son maître ?
Initiation d'une fille (extrait) Après qu’il m’eut jetée en travers de son lit et arraché mes quelques vêtements, je me suis lentement redressée comme il me l’avait appris naguère.
Lui pendant ce temps se disposait à se planter tout debout sur le côté du petit lit. Ce qu’il a fait en émettant un « hum ! » à deux reprises.
Ainsi il m’a été permis de l’emboucher. A vrai dire il était grand temps que j’opère. Je m’étais rendue dans l’intervalle aux facéties d’un doigt aventureux ; celui-ci venait de déserter mes petites lèvres voraces et déjà bruyantes.
J’étais ferrée. Un délai supplémentaire, et c’en eût été fini de mon effort pour ne pas céder à un premier orgasme ; voilà que j’avais peine à me contrôler.
Je haletais en me tortillant sur la couverture, prête à décharger. Comme s’il l’avait compris, Monsieur, qui avait entrepris de me flatter l’anus de l’index comme il aimait à le faire, y a renoncé pour en terminer avec les préliminaires.
Secouée par un spasme d’impatience j’ai ouvert grande ma bouche en sa direction. Je l’ai gardée béante, ma langue en dépassant un peu, parcourue d’un léger frémissement. Son manche levé aussi dur et roide qu’un mât de misaine s’y est enfilé dare-dare jusqu’à ce que je sente la dense toison noire qui m’en dérobait la base me titiller les narines.
J’ai attendu qu’il soit près de buter contre l’extrémité de mon palais mais une seconde, rien qu’une seconde y a suffi.
Arc-boutée des deux bras au lit, aussitôt j’ai commencé à imprimer à ma tête renversée un égal mouvement de va-et-vient, mes lèvres ordinairement mutines aspirant sans vergogne la matière caoutchouteuse, abrasive et brûlante, au goût de transpiration et de pisse.
Toutefois Monsieur n’a pas tardé à assurer lui-même le relais à grands coups de hanches, refermant sur ma nuque une poigne aussi puissante qu’un étau.
Puis il est arrivé qu’il modifie à son gré sa façon pour ménager des chicanes inattendues dans un ensemble qui autrement aurait peut-être fini par nous lasser.
Il s’agissait en effet de me soumettre à un certain décorum, certes, mais j’ai deviné bientôt que celui-ci ne serait pas exclusif de surprises.
En vertu d’un accord précédent je n’ai plus eu dès lors à prendre les moindres devants, seulement à rester immobile dans la position où j’étais, la bouche passive, docile aux charges de plus en plus vigoureuses et de plus en plus rudes, de plus en plus vibrantes du goupillon qui ne cessait de racler l’intérieur de mes joues en y gonflant incessamment, communiquant au reste de mon corps et au lit ses tremblements de plus en plus exaspérés.
L’un et l’autre nous sommes entendus à observer tous les gestes nécessaires. Reste qu’au moment où il s’est retiré d’un coup sec comme il en avait pris coutume avant de m’enfiler par la chatte, n’en pouvant plus de contenir une extase dont de lointains feulements annonçaient les prémisses, Monsieur avait empoigné mes hanches.
Il s’est mis à les pétrir contre toute attente de ses doigts chics et nerveux, rivant ses yeux excités sur les miens comme s’il avait voulu me pénétrer par là. De mon côté je n’ai pas pu réprimer quelques premiers gémissements.
D’interminables minutes se sont écoulées. Il me pétrissait comme de la pâte à sel.
Un frisson m’a parcourue de bas en haut. A vrai dire, j’ai été bien près de crier. Je pressentais que Monsieur avait décidé de me faire goûter une pratique inédite. Mais laquelle ? Je la redoutais en l’appelant en secret. J’ai attendu, de sa part, quelque nouvelle consigne.
Initiation d'une fille (extrait) Sa bouche était restée serrée par l’effort qu’il accomplissait. Deux plis profonds couraient depuis ses narines jusqu’aux commissures de ses lèvres.
Tandis qu’il continuait à pétrir, je voyais son buste dressé contre le plafond, où il formait une ombre évanescente, sa tête penchée sur l’épaule, sans expression, comme appuyée à un oreiller invisible.
J’ai eu peur sur l’instant qu’il n’ait surestimé l’empire qu’il avait sur son corps et qu’il ne décharge avant de me porter l’estocade.
C’était mal le connaître, ça oui !, et mal évaluer le temps dans une situation qui me prenait au dépourvu : d’une part, fors l’éclat de ses yeux fixes et la crispation de sa bouche, il demeurait plutôt impassible et d’autre part, cet intermède au cours duquel il n’avait pas cessé de me pétrir, sans détourner du mien son regard, n’a duré à la réflexion guère plus de quelques instants et non un siècle comme affolée j’avais été près de le croire.
Il a tout à coup fait subir à mes flancs ainsi ramollis une brusque rotation de telle sorte qu’autour d’un moyeu imaginaire je pivote sur moi-même telle une roue, et n’aie plus d’autre solution, enfin, que de lui offrir mon cul.
Les hanches toujours prisonnières de ses griffes j’avais fléchi les bras. Je me suis affalée sur les coudes, le menton heurtant vivement la couverture du lit avant d’y enfoncer de quelques millimètres : la lucarne avait vacillé hors de mon champ de vision. Jamais je n’oublierai l’amertume de la couverture, le grain du piqué ni son goût de poussière, les deux confondus entre mes lèvres quand mon menton s’y est abîmé.
Pour le coup, je n’ai pas pu réprimer un autre gémissement.
J’avais fermé les yeux.
‑ Attends… Tu vas voir… l’ai-je entendu haleter dans mon oreille. Ecarte bien les jambes. Reste bien cambrée, oui, comme ça. Que je voie ta fleur. Ne bouge plus, hein ? Tu entends ? Ne bouge plus, a-t-il répété sur un ton plus ferme, puis il m’a lâchée après avoir encore arrangé ma posture selon son goût et produit des propos inintelligibles qui rimaient souvent avec salope.
Décidément, ni lui ni moi ne songions plus à rire, non plus à Courbet évidemment, comme si l’étape de mon apprentissage, qu’il voulait apparemment que je franchisse ce jour-là, était des plus cruciales et qu’il aille de soi qu’aucun de nous ne pouvait l’ignorer.
Les ressorts du lit se sont remis à grincer. Aucun doute qu’il n’ait mis pied à terre tandis qu’une partie de lui demeurait près de moi, comme montant la garde sur la couverture. D’après la direction des bruits, j’ai conclu qu’il s’affairait à quelque besogne devant le mur, les bras levés.
J’ai perçu des heurts. De toute évidence on remuait des objets en porcelaine. Je songeais aux bonbonnières. Il s’en trouvait une rangée de dix disposée par ordre de grandeur sur une simple étagère. C’étaient de magnifiques objets, probablement d’importation, de ces objets qu’on trouve habituellement chez les antiquaires du marché Biron, à la porte d’Orléans. Je l’avais souvent interrogé à ce sujet et sur l’usage qu’il en faisait. A chaque fois il se contentait de hausser les épaules d’un air mystérieux.
‑ Tu verras bien ! soupirait-il.
Cette fois j’avais résisté à la tentation de le réinterroger. Je me suis astreinte à l’immobilité comme il me l’avait ordonné. Les heurts de porcelaine s’étaient d’ailleurs interrompus entre-temps sur le choc d’un couvercle qu’on remettait en place.
Il m’a semblé reconnaître dans la suite le bruissement que fait la peau des mains quand on en frotte les paumes l’une contre l’autre, un bruissement aussi insinuant et doux que celui du tissu de la plus noble facture.
Lorsque j’ai senti un doigt glacé et visqueux se couler le long des parois intérieures de mes fesses puis s’approcher de mon oignon, à peine si j’ai tressailli comme si une partie de moi avait deviné ce qui allait s’ensuivre.
Mon cœur ne battait plus.
Le doigt, qui paraissait familier de ce genre de terrain, progressait millimètre par millimètre. Il s’accordait des pauses, des détours, quelquefois des retours en arrière ; sans doute était-ce là des feintes dans l’idée d’être tout à fait convaincu de n’avoir rien oublié à son précédent passage, ou de m’exciter davantage.
Cependant, aux frémissements qui parcouraient mes membres, aux gémissements que je n’en pouvais plus maintenant d’étouffer, Monsieur a bien vu que j’étais sur le point de défaillir.
Il a donc accéléré la cadence. Puis il l’a ralentie. Enfin, il a recommencé. Il s’est amusé à reprendre ainsi le jeu. Puis le doigt s’est faufilé tout à coup jusqu’au bord des trente six plis. Je n’ai pas compris : il s’en éloignait, y revenait. Cela a duré, cessé. Le doigt s’est mis à les lisser un à un, comme à les compter.
Alors, il les a frottés.
Il a semblé hésiter. Toutefois, je me suis dit à nouveau qu’il feintait. Je me suis laissée travailler en dépit de l’impatience, tentant désespérément d’épouser ses mouvements, d’en anticiper les harmoniques pour ainsi dire, mais jamais de leur faire obstacle tandis qu’il reprenait son frottement de plus belle en en modifiant le mouvement.
On aurait dit qu’il s’était mis à feuilleter les pages d’un livre.
J’ai bien compris qu’il barbouillait les trente six plis de la matière qu’il avait extraite d’une de ces bonbonnières en porcelaine, beurre, vaseline ou substance d’une autre sorte, en les pressant avec une manière de douce, de tendre complaisance qui m’émeut encore lorsque j’évoque cet épisode.
Manifestement il voulait éviter de me faire mal. Mais comme je gémissais de plus en plus en fort et qu’il s’en serait fallu de bien peu que mes coudes endoloris malgré lui ne se dérobent sous l’effet de la tension où j’étais pour garder l’équilibre, Monsieur a dû juger à propos d’abréger une entreprise qui n’avait que trop durer.
Il a résolu d’enfoncer son doigt dans la cavité qu’il a dévalé avant de piler d’un seul coup, de s’indigner :
‑ Ton trou ! Ton trou ! Ecarte-toi mieux, merde ! Je t’avais ordonné de ne pas bouger ! Ecarte-toi ! Ecarte-toi !
Frappée de saisissement, j’ai obtempéré tant bien que mal en dépit de l’enkylose qui s’étaient emparée de mes membres. Mes reins me faisaient un peu souffrir mais j’ai été bien surprise de constater combien j’aimais ça. A tenter de n’en rien laisser paraître néanmoins, je m’étais mise à trembler de partout.
Lui, par bonheur, n’a pas attendu.
Initiation d'une fille (extrait) Mes gémissements, maintenant de douleur et de plaisir tout ensemble, allaient crescendo.
J’ai rassemblé mes dernières forces pour ne pas céder à l’orgasme que je sentais proche tout en tâchant de contrôler mon souffle, que menaçait la suffocation. J’ai réussi au moins à m’habituer à la souffrance.
Je commençais de voir où Monsieur voulait m’entraîner et dans le même temps, combien il me devenait difficile à la fois de concilier la nécessité de me retenir de jouir et la tentation de moins en moins supportable de m’abandonner à sa volonté, dans le dessein de permettre à ce doigt d’accomplir l’intégralité de sa révolution sans y rencontrer de résistance.
Car l’étape, comme je l’avais deviné dans ce qui me semblait faire déjà partie d’une autre vie, était bien des plus décisives : il venait de m’apparaître que s’il ne s’agissait plus d’un jeu, Monsieur, entendant sceller de la sorte son statut de maître, entendait bien consacrer définitivement mon statut d’esclave.
Or il dépendait de moi seule d’être digne d’une telle ordination. Cette conscience que j’en ai eu alors m’a procuré un surcroît d’entrain. J’ai invoqué en quelque manière une sorte de ferveur religieuse, laquelle a levé bien des barrières. Il s’agissait dans mon esprit de produire la démonstration concrète de mon total abandon.
‑ Tu peux numéroter tes abattis ! l’ai-je entendu me chuchoter dans l’oreille.Initiation d'une fille (extrait)

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