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La colline a des yeux (1977)

Publié le 18 octobre 2013 par Olivier Walmacq

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L' histoire : Il était une fois la famille Carter, composée d'américains moyens qui (paf) se retrouvent en panne au milieu du désert, face à des cannibales sauvages (victimes des radiations selon Aja) qui vont les, hem, "maltraiter", donc en fait les violer, les exploser, les massacrer ! Et quand c'est le cinéaste de Scream et Les Griffes de la Nuit qui s'en charge, je vous laisse deviner le résultat !

La critique d'hdef (la onzième) : Voici venue la publication sur naveton de la chronique du meilleur film de Wes Craven : La Colline a des Yeux. Ce film a vraiment une longue histoire ! Il a fait l'objet d'une suite en 1985 par Craven himself, puis a fait l'objet d'un remake par Alexandre Aja en 2006. Et puis l'année suivante, c'est un remake de la suite ! On espère qu'un jour sortira la suite du remake de la suite, ainsi que le préquel du remake de la suite du spin-off de la suite de l'original !

Enfin bon, ce n'est pas encore d'actualité, et même si on peut chialer pendant des heures sur le fait que sur les deux suites qu'a reçu le film, aucune ne sont réussies, on peut toujours se consoler avec le chef d'oeuvre que voici ! Quant au remake, il réussit à sauver les meubles (étonnant de la part du réal de Piranhas 3D), mais enfin bon...

Trêve de bavardages cinéphilo-historique, rentrons dans les tripes du sujet !

Pour commencer, LA COLLINE A DES YEUX EST UN PUTAIN DE FILM !!! Impossible de dire le contraire, c'est le film que Massacre à la Tronçonneuse (version 1974 siouplaît) aurait dû être et, n'en déplaise à notre ami oliver, n'est pas ! Ce n'est pas ce choc, cette sensation physique qui transforme le gore en oeuvre d'art, qui fusionne le western et le film d'horreur crasseux (ce que fera Tobe Hooper, rassurez-vous, mais dix ans après dans l'excellent Massacre à la Tronçonneuse 2) pour obtenir un résultat qui déchire, vous étripe les neurones, vous arrache les yeux et vous piétine le bide ! C'est un film qui marque, qui laisse avec un goût de cendre (ou de sable) dans la bouche. C'est aussi un film dont on se souvient pour son "grand méchant" : Jupiter (qui n'est pas sorti d'une cuisse, celui-là), patriarche monstrueux qui donne autant à gueuler qu'à réflechir ! Ouaip, pour une fois, les deux sont compatibles (n'est-ce pas quelqu'un dont je ne dirais pas le nom ?) !


LA COLLINE A DES YEUX (1977)

La force du film de Craven, heureusement, ne vient pas uniquement de son extrême violence, qui ferait, je n'ai pas peur de le schtroumpfer, passer Zombie de Romero pour un film sirupeux !

La grande qualité de l'opus de Craven est en effet de manier, grâce au film d'horreur, une réflexion sur la société.

Ancien prof de philo (même si certain vous diront qu'il était prof d'anglais, enfin bon, ce n'est pas capital, pour ne pas vous dire que j'en ai rien à cirer !), Craven ne nous transporte pas dans une "Caverne" de Platon, mais devant un portrait au vitriol (un peu exagéré quand même) des américains des 70's !

La photo (charmante, hein ?) représente un de ces largués de la société. Et tous les cannibales ressemblent à des gens complètement fous, certes, tout à fait dangeureux, on ne dira pas le contraire, à en juger par la nullité des suites dans lesquels ils jouent (donc dangereux pour la qualité de l'industrie cinématographique), mais aussi rejeté par la société américaine. Ce sont des types pas intégrés, "out".

Est-ce que Craven veut nous dire qu'en n'intégrant pas certaines personnes (tiens, ça ne vous dis pas quelque chose ??), on en fait des gens dangereux ? Chacun a son interprétation...

A mes yeux, c'est d'ailleurs aussi une façon de voir de quelle façon les hommes traitent la violence.

Dans ce film de Craven comme dans son précédent, La Dernière Maison sur la Gauche (qui a aussi subit un remake pourrave), Wes nous montre des gens touchés par une violence extrême (un père qui s'est fait violer sa fille dans La Dernière Maison sur la Gauche, la famille Carter tout entière dans La Colline a des Yeux) qui renvoient la balle à l'envoyeur, en le traitant comme il(s) l'(a) ont traité(s). Glorification de l'auto-défense ? Non, juste un moyen pas con du tout de nous montrer à quel point on est ingrats, et menteurs !

La dernière image est un des plans final qui m'a le plus marqué en 16 ans de cinéphilie : un Carter qui brandit une pierre au-dessus d'un des cannibales, pour lui fracasser la tronche, alors qu'il est déjà mort.

Image d'une société qui s'acharne sur les plus démunis (les cannibales vivent dans le désert) ?

Ha ha...

Note : 18,5/20 


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