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Le “Yaoï”, la bande dessinée gay prisée des femmes japonaises

Publié le 22 mars 2019 par Le Blog De Fred

Article publié le 22 mars 2019. Par Gregg

L'histoire du Yaoï. Si la culture japonaise est plutôt bien ancrée en France (merci le Club Dorothée), il est parfois difficile de s'y retrouver pour nous, pauvres occidentaux. Avec ses codes (et aussi ses dérives), le manga est une véritable institution au pays du soleil levant et arbore une multitude de facettes. Ce dernier se décline en différents genres tous aussi improbables les uns que les autres... Le “Yaoï”, la bande dessinée gay prisée des femmes japonaises

Entre les " Magical Girl" (manga mettant en scène des jeunes filles combattant le mal à l'aide de pouvoirs magiques), les " Redisu" (destinés aux femmes adultes) ou encore le " Hentai " (manga pornographique), le spectre est si large qu'il serait difficile de tous les citer ici... Il existe même (accrochez-vous) des mangas pédophiles disponibles en vente libre. Ces derniers ne tombent pas sous le coup de la loi, et ce au nom de la liberté d'expression. Incroyable non ?

Le style qui nous intéresse ici est le "Yaoï". Il s'agit d'une de ces bandes dessinées faisant partie d'un marché de niche très populaire là-bas. Sa particularité est que ses protagonistes y sont homosexuels (ou se découvrent gay) et vivent des romances dignes des "Feux de l'amour". Pourtant, au Japon, les auteurs et lecteurs de ces œuvres ne sont pas des hommes... mais bien des femmes !

Le stéréotype de la femme soumise

Pour savoir comment ce mouvement est né, il faut remonter un peu dans le temps. A l'époque où les mangas "romantiques" inondent les librairies, la représentation des femmes est toujours la même : les héroïnes de bandes dessinées ont toutes des mensurations parfaites et sont surtout très soumises face aux hommes, voir complètement nunuches (l'image de la femme traditionnelle japonaise a la dent dure).

Las de ces clichés, les femmes se désintéressent de la bande dessinée et les ventes de mangas connaissent une petite crise économique... que le Yaoï viendra bizarrement combler !

Le “Yaoï”, la bande dessinée gay prisée des femmes japonaises

En effet, les histoires d'amour entre garçons n'ont pas les mêmes codes traditionnels. C'est ce qui fera leur succès auprès de la gente féminine. Ces derniers sont d'ailleurs souvent représentés comme de très beaux garçons, presque androgynes, et loin du cliché du prédateur hétérosexuel habituel. Ici, tout est question de passion, de romance et d'amour. Il n'en fallait pas plus pour que le succès soit en rendez-vous. Les femmes en quête d'hommes sensibles retrouvent dans les histoires d'amour gay le romantisme qu'elle ont toujours recherché.

Beaucoup trop clichés

Pour remettre les choses dans leur contexte, imaginez qu'en France les lycéennes des années 80 se prennent d'adoration pour de la bande dessinée homosexuelle masculine. Improbable ? Une histoire de culture on vous dit... Le plus étrange est que les homosexuels japonais, qui sont pourtant la première cible marketing de ces mangas, ne les lisent pas du tout. La raison est toute simple : les hommes représentés dans les Yaoï ne sont pas assez masculins, pas assez musclés, pas assez poilus, bref... beaucoup trop clichés ! Les gays se tournent alors plutôt vers le style de manga dit " Bara " beaucoup plus sexuel, viril et moins fleur bleue (écrit par des hommes pour les hommes).

En ce qui concerne les histoires d'amour entre femmes (on parlera ici de manga "Yuri"), elles sont bien souvent écrites par des hommes à destination d'un public... masculin ! Vous suivez toujours ?

Le “Yaoï”, la bande dessinée gay prisée des femmes japonaises

Quand la bande dessinée devient un exutoire de la domination masculine

A travers le Yaoï, c'est toute une communauté d'auteures japonaises qui vont alors percer dans le métier en introduisant pour la toute première fois l'identité de genre et la sexualité dans de la bande dessinée destinée aux femmes. C'est une véritable révolution pour ce pays longtemps sujet à sa politique conservatrice et isolationniste. La limite entre le masculin et le féminin est, selon les œuvres, parfois à peine perceptible.

En France, la traduction et l'importation ont commencé doucement dans les années 90. Ce secteur représente aujourd'hui entre 1% et 2% du marché du manga dans l'hexagone avec une clientèle extrêmement fidèle. C'est d'ailleurs la force du Yaoï d'avoir une base de fans irréductibles, au grand bonheur des éditeurs spécialisés.
Contrairement au Japon, les lecteurs de ce type de bande dessinée sont aussi bien des hommes que des femmes.

Le “Yaoï”, la bande dessinée gay prisée des femmes japonaises

Pour en savoir plus...

Si vous êtes curieux, sachez qu'il existe même un salon et des conventions dédiés a cette culture (le Y/CON à Paris et le Y/MEN à Lyon pour ne citer qu'eux).
Ces événements populaires proposent de nombreuses animations (concours de cosplay, conférences avec les auteurs, etc...). Ils permettent aux fans de se rencontrer et d'échanger sur le sujet.

Bonus video

Mx Cordélia nous présente une série de mangas Yaoï, Dou Kyu Sei et Sotsu Gyo Sei de Asumiko Nakamura : une romance entre garçons, au lycée, avec de très très beaux dessins...


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