Lancée en 2005, la journée internationale contre l’homophobie a été célébrée dimanche dernier dans plus de cinquante pays.
On sait, hélas que la haine du pédé ou de la gouine est largement partagée dans le monde et qu’elle ne connait ni frontière ni spécificité culturelle
Cette journée est donc l’occasion de rappeler que cinq pays sanctionnent l’homosexualité par la peine de mort et il faut sans relâche les dénoncer : la Mauritanie, le Soudan, l’Arabie saoudite, l’Iran et le Yémen.
Mais cette homophobie est aussi légalisée dans 80 pays, principalement situés en Asie et en Afrique, qui pénalisent l’homosexualité à l’image du Bangladesh où toute “relation charnelle contre l’ordre de la nature avec un homme, une femme ou un animal” peut-être punie d’un emprisonnement à vie.
Néanmoins il ne faudrait pas croire que notre pays est à l’abri de ce fléau. C’est l’une des conclusions du rapport annuel présenté par l’association SOS Homophobie et, on comprend, hélas, que le quartier du Marais à Paris n’est pas la France.
C’est le chapitre sur la famille qui est le plus douloureux.
Cela va du simple rejet, au jeune tabassé par ses parents, ou exclu de chez sa mère et qui lui dit : “J’aurais préféré que tu ne naisses jamais.” Celui-ci, c’était Sylvain. Il avait 27 ans. Il ne l’a pas supporté et s’est suicidé.
D’autres souffrent toujours :
David. Il a 16 ans et habite dans la Drôme. Ses parents le privent régulièrement de repas et le raillent constamment. Ses parents lui disent : “Tu te fais trouer le cul tous les soirs, sale PD.” Sa mère lui a “touché les parties génitales en lui disant qu’elle pouvait faire la même chose avec son copain”. David a voulu en finir à plusieurs reprises.
Adrien. Sa punition pour son orientation sexuelle ? L’hiver passé dans le garage. Devenu apprenti, il s’installe dans un studio. “Sa mère, son frère et sa belle-sœur le harcèlent dorénavant à son domicile. Ils sont allés faire un esclandre devant son employeur et ses collègues afin de révéler son homosexualité.”
Hélène et Sophie. Elles étaient ensemble au lycée. Quand le père de Sophie apprend la relation entre les deux jeunes filles, il la place dans un foyer à 350 kilomètres de son domicile.
Moussou. D’’origine camerounaise, il a été renvoyé par son beau-père du domicile de sa mère. “Noir et pédé, c’est le pire, ne t’approche pas de ton frère et de ta sœur, tu vas les contaminer”, lui aurait-il dit.
Abdel. Il vit à est lyonnais. Il s’est fait violemment frapper au visage par deux hommes en cagoule. “Au lycée, Abdel apprend que son propre cousin était un de ses agresseurs. Il s’est vanté d’avoir cassé du pédé.”
Florence. Elle a divorcé de son mari anglophone. Celui-ci l’interpelle devant ses enfants en lui donnant du “flaplapper” (”brouteuse de minou”).
Présent au Congrès mondial sur les droits de l’homme, l’orientation sexuelle et l’identité de genre, l’ex-ministre de la justice Robert Badinter, qui fut, en France, l’artisan de la dépénalisation de l’homosexualité en 1981, déclarait récemment : “Victor Hugo disait que la peine de mort était le signe permanent et universel de la barbarie humaine, a-t-il rappelé. Je dis qu’il en va de même de la répression de l’homosexualité.”
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Pour télécharger gratuitement le rapport :
http://www.sos-homophobie.org/documents/ra2009.pdf