.
See Brüno or not see Brüno, that is the question...
Je suis de ceux qui pensent que « La Cage aux folles » est un film raciste et discriminatoire. (Imagine-ton un instant une « Cage aux bougnouls » ou une « cage aux youpins »???)
C'est dire que j'attends avec impatience que ces messieurs du spectacle daignent nous montrer des homosexuels « normaux » au lieu d'essayer de gagner de l'argent en faisant de nous des bêtes de foire.
Comme ce n'est pas facile de dire tout le mal qu'on pense d'un film qu'on n'a pas vu, la honte au front, en rasant les affiches, j ai été voir Brüno... J'ai vu...
Brüno arrive en tête de la première séance de mercredi sur les 20 salles de Paris. (Cette séance est un baromètre habituellement fiable). Mais...
La concurrence est faible: s'il réalise 1300 entrées, les challengers sont « Totally spies » avec 782 spectateurs sur seulement 11 salles, et « Une semaine sur deux » avec 784 entrées sur 16 copies...
http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18476697.html
En tout cas, programmé dans sa plus grande salle par un exploitant pourtant habituellement cinéphile, il a rassemblé à peine 50 spectateurs à la séance à laquelle j'ai assisté...
Brüno n'est resté qu'une semaine en tête du box office américain, mais a attiré sur lui les foudres des organisations militantes.
http://v2.e-llico.com/article.htm?rubrique=actus&articleID=19963
Présenté comme un plaidoyer pro-homo et une attaque contre l'homophobie américaine, le film en tout cas ne répond ni aux espoirs dont il se veut porteur ni aux craintes qu'il suscite.
Car pour être l'un ou l'autre, il faudrait qu'il contienne autre chose que... enfin... quelque chose tout court. Brüno est un film vide, de contenu, de sens, de tout... Une heure dix de pellicule gâchée et d'électricité perdue pour le projeter.
Ce n'est pas avec cet insondable abîme de nullité que la cause LGBT va avancer d'un yota, mais ce n'est pas non plus avec ça que les homophobes, même les plus obtus, vont argumenter contre les gays. Rien , c'est rien, le vide sidéral avec quelques gloussements.
Même de grasses plaisanteries de comptoir semblent plus pertinentes que les gesticulations de Sacha Cohen, et à côté de ce laborieux pensum, la « Cage aux folles » passe pour une œuvre philosophique puissamment intellectuelle... L'échelle de classement du film le plus con passe très au-dessus de la queue de Brüno.
Finissons en avec ce non-évènement pour parler un peu de quelques films autour de l'homosexualité programmés à la rentrée.
Le 2 septembre, « Tu n'aimeras point », ou l'audace de situer une aventure homosexuelle là où elle est impensable, dans le quartier juif le plus intégriste de Jérusalem...
Il a le mérite d'éclairer toute l'ambigüité d'un état qui se proclame laïque alors que la religion est sa seule raison d'être. S'il y existe des communautés assez doctrinaires et fermées pour qu'on y croie, à l'époque des satellites, des airbus et d'internet, que l'homosexualité n'existe pas, ces groupuscules doivent êtres considérées comme sectaires par un état supposé laïque et libéral, et interdits comme tels. Or il n'en est évidemment pas question... Le drame qui en découle n'est plus qu'une question d'hypocrisie et de psychose.
http://www.dvdrama.com/news-34810-tu-n-aimeras-point-troublant-et-subtil.php
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=129258.html
Sur le ton de la farce pas innocente, nous pourrons voir le 12 août « L'An 1, débuts difficiles », une sorte de « Darwin pour les nuls » dans le style des Monthy Python et de Cro-Magnon revu Cro-Mignon, qui met en scène des structures familiales et tribales que je vous laisse découvrir, avec un prêtre sacrificateur folle démente qui sacrifie « à sa manière » dans une back-room et initie les jeunes gens à la vie d'adulte.
Ce surprenant voyage initiatique se termine d'ailleurs à Sodome, présenté comme la Las Vegas de l'époque du string en peau de zébu.
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=129254.html
Et enfin, toujours pas programmé, le très impudique et subversif « Nuit d'ivresse printanière » de Lou Ye (déjà remarqué pour « Une jeunesse chinoise »). Interdit en Chine où on vient seulement de reconnaître que l'homosexualité existait, (ce qui va bien arranger les affaires des quelques 120 millions de gays que, statistiquement, compte ce pays!!) mais où, (comme en Lituanie, pourtant membre de la Communauté européenne), on lui interdit tout moyen d'expression publique ou médiatique.
http://www.nuitsdivresseprintaniere-lefilm.com/
D'autant plus que les Chinois ne le verront jamais...
Puisqu'on a au passage évoqué la Lituanie, on notera que ce pays possède le taux de suicide le plus élevé du monde... Pas de tentations, pas de sel de la vie?
http://www.tetu.com/actualites/international/la-lituanie-interdit-la-publicite-de-lhomosexualite-15092
http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89pid%C3%A9miologie_du_suicide
En attendant, au rayon "petits bijoux de cinéma", ne manquez pas "J'ai tué ma Mère"... de Xavier Dolan, acteur principal et réalisateur.
Non, il ne la tue pas! Tout le monde me demande s'il la tue lorsque je conseille ce film ! !
.