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Douches froides, d'Anthony Cordier

Publié le 14 août 2009 par Edgar @edgarpoe
Douches froides, d'Anthony Cordier Un beau film d'Anthony Cordier. Pas un chef d'oeuvre, il manque un peu d'unité de ton, d'un thème plus marqué, mais un beau film - un peu entre les frères Dardenne, pour le réalisme social, et Larry Clark pour le réalisme sur la sexualité adolescente.

L'histoire d'un fils de prolo travailleur dont la rencontre avec un gosse de riche met en jeu ses études, son sport favori et sa copine.

Il est bien clair que ceux du dessus du panier ne sont pas à armes égales avec ceux d'en dessous - pas question de nier l'existence de classes sociales :
l'industriel local s'achète les beaux gosses pauvres du coin, les pèse, gère leur corps et leur carrière, comme il le fait sans doute de ses ouvriers.

On voit bien aussi comment les rapports individuels se mêlent à cela pour donner des histoires qui ne sont pas stéréotypées.

C'est parfois un poil long, d'autres fois trop allusif, mais ça donne envie d'attendre le suivant.

Par ailleurs, le DVD est accompagné d'un film de sortie de la FEMIS du même réalisateur, Beau comme un camion qu'il ne faut pas rater.

Ce film-documentaire sur le réalisateur et sa famille est plus poignant encore que le film, sans doute parce qu'il est plus direct. Il pose des questions qui deviennent plus rares, à l'heure d'une société dite "sans classes" : ai-je le droit de "réussir" et de sortir de mon milieu, que devient mon frère, qui n'a pas, lui, franchi la barrière ; est-ce de ma faute ?

Questions un peu littéraires, ou abstraites, mais dont le film fait ressortir l'acuité. Lorsqu'Antony Cordier filme son père routier qui prépare son sandwich avant de partir à deux heures du matin, on se dit que l'hommage est plus réussi qu'en apercevant, sur papier glacé, en une scène brève, une déclaration de Sophie Marceau : "petite je voulais être routier, comme mon père".



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