Mais les salons du livre scolaires sont le fer de lance économique de Scholastic, et si l'éditeur s'est présenté avec le livre présent dans son catalogue, l'ouvrage, lui, n'était pas sur les étals. « Je comprends qu'ils souhaitent éviter des lettres de plainte, mais ne devraient-ils pas en mesurer la pertinence ? » Aux États-Unis, plus de 200.000 enfants sont éduqués dans une famille homosexuelle, et ils ont, tout comme d'autres, besoin d'être représentés dans des livres pour comprendre aussi leur expérience.
Bien évidemment, Lauren a reçu un déluge de lettres de soutien émanant de parents, bibliothécaires ou enseignants et libraires, qui lui ont manifesté toute leur sympathie dans cette affaire. Pour l'éditeur, aucune censure ne s'exerce, et l'on s'en défend largement. Mais plusieurs associations de parents et de gays, ainsi que des blogueurs se sont emparés de ce sujet en réclamant par le biais d'une pétition de 4000 signataires que l'éditeur cesse sa campagne de censure.
Change.org, site voué à la défense des droits humains, l'a ainsi adressé au président Richard Robinson de Scholastic, et finalement, la maison a changé son fusil d'épaule. Le livre de Lauren sera finalement présent sur les salons, peut-être pas exhibé largement, mais au moins pourra-t-on l'acheter à ces occasions. Après mûr examen du livre, finalement, l'éditeur a estimé que ce n'était pas si grave et que l'on pouvait présenter le livre...