En France, trois associations confessionnelles LGBT interpellent les autorités religieuses françaises à quelques jours de la Journée mondiale contre l'homophobie dont le thème est cette année "Religions, homophobie et transphobie".
Leur but est que les autorités religieuses françaises aient une parole affirmée pour dénoncer l'homophobie et la transphobie, et accueillent pleinement les LGBT.
Dans une "lettre commune", David & Jonathan le Mouvement homosexuel chrétien, le Beit Haverim le Groupe juif gay et lesbien de France et HM2F le Collectif des homosexuels musulmans de France interpellent ensemble les autorités religieuses françaises.
Dans un texte commun, les trois associations refusent que "les trois grandes religions monothéistes puissent servir de prétexte pour discriminer les individus LGBT".
Elles revendiquent un accueil des personnes LGBT dans les églises, temples, synagogues et mosquées "comme des croyants à part entière" et appellent les autorités religieuses chrétiennes, juives et musulmanes "à tenir un discours non ambigu ou discriminatoire vis-à-vis de la population LGBT".
Les trois associations réaffirment que "toute forme de violence verbale ou physique, tout discours qui peut la légitimer, toute attitude qui stigmatise ou discrimine les individus LGBT, va clairement à l’encontre de l’esprit de nos traditions religieuses et du progrès du droit individuel, tant au niveau de la République française que de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe".
David & Jonathan, le Beit Haverim et HM2F soulignent aussi que les autorités religieuses stigmatisent encore souvent les homosexuels, "allant parfois jusqu’à nier les droits humains fondamentaux" reconnus par les États aux personnes LGBT.
Les associations écrivent "Certains de nos coreligionnaires, au mépris des intérêts mêmes de nos communautés, nous refusent ainsi toute dignité humaine, nous déniant le droit de vivre dans celles-ci notre spiritualité, ne reconnaissant pas la dignité de nos amours, allant jusqu’à appeler à la restriction de nos droits civils".
la lettre ouverte conclut "Nous affirmons être des croyants comme les autres, ni meilleurs, ni pires. Si certains de nos coreligionnaires condamnent sans appel notre nature profonde, notre identité de genre et nos préférences sexuelles, nous restons attachés avec conviction à la foi et aux traditions de nos aïeux et ne revendiquons aucun droit particulier, si ce n’est celui d’être reconnus et acceptés dans nos communautés pour ce que nous sommes : des hommes et des femmes croyant(e)s qui, de fait, appartiennent a une minorité sexuelle".
Le 17 mars 2010, quatre intellectuels de diverses confessions, le théologien musulman Tarek Oubrou, le rabbin Rivon Krygier, l’essayiste catholique Jean-Claude Guillebaud et le philosophe protestant Olivier Abel, "inquiets des discriminations, des violences et des humiliations dont les homosexuels et transsexuels continuent à être l'objet", avaient lancé un appel contre l’homophobie dans les colonnes du journal Le Monde.
À l'occasion de la Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie, les trois associations David & Jonathan, le Beit Haverim et HM2F organisent un colloque, le 17 mai, à l'Assemblée nationale.
Le but de cette rencontre est d'engager un dialogue entre les instances religieuses et les associations qui luttent pour les droits humains.
Plus particulièrement, il s'agit de demander aux responsables religieux non pas d'approuver l'homosexualité ou la transidentité, mais de désapprouver l'homophobie et la transphobie, en particulier lorsqu'il s'agit de violences commises au nom de D.ieu.
Outre des représentants de chacune d'entre elles, l'Inter-LGBT et des représentants des instances religieuses de France sont notamment attendus ainsi que de la Ligue des Droits de l'Homme, du CRIF et du MRAP.
Seigneur, met dans les cœurs l’acceptation de la différence.