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Le “Mariage Gay” et les catholiques : bataille ou débat ? Précis de manipulation

Publié le 13 septembre 2012 par Tchekfou @Vivien_hoch

- phase 1 : Prendre un rendez-vous : c’est à dire qu’on prend date, qu’on ouvre un espace de discussion dans un but “gagnant gagnant”, ou d’esprit de “compréhension et de respect mutuels”. A ce stade, on ne discute pas du fond. Dans le monde anglo-saxon, c’est le “social talk“, l’approche, le reniflage, l’engagement dans ce qui n’est pas encore un cercle.

- phase 2 : on “dialogue”, sur un sujet simple, sur un élément de base, un accord préalable (par exemple l’amour des personnes entre elles, le bien-fondé de la démocratie). On pose rationnellement un contact, la base de discussion, de valeurs communes autour desquelles le consensus va se créer.

- phase 3 : on assomme par des exigences très au-delà du possible et du raisonnable. Mais la sécurisation du dialogue par les premières phases complétée -idéalement- par quelques contraintes financière, de temps ou de publicité (au sens d’une discussion publique et de son aspect engageant) permet d’assommer sans crainte de rupture.

- phase 4 : on généralise et on prend à témoin, on rapproche et on valide. Phase à boucler avec la précédente.

- phase 5 : on lâche dans un esprit de consensus, mais le coin est avancé,le fer est pris pour une avancée lente, un  processus évolutif qui prend parfois des années ou des décennies.

L’intervention de Mme Taubira dans La Croix sur ce qui ne devrait même pas être débattu revient à la phase 2, 3 et 3 : l’exclusivité de l’information accordée aux Assomptionistes a induit sa reprise dans les medias avec référence “La Croix”, ce qui est sous-entend publiquement un accord de dialogue entre l’autorité d’obédience de La Croix et le gouvernement. Quant au fond, nul besoin de commenter plus avant.

La phase 3, d’exigences fortes, a été récemment complétée (en français) par la normalisation de la pédophilie, de l’inceste ou de la polygamie qui, pour éviter tout “amalgame” est dénommée “poly-amour“. Le rejet de ces dernières sera le point de consensus “en creux” entre les parties, comme le mariage et l’adoption l’avaient été lors du PACS en 1999.

Justement, l’affaire du PACS (1999) ou de l’Ecole Libre (1984) l’ont très différemment montré, il est des frontières à ne pas dépasser, des agressions qui ne peuvent être tolérées sous peine de perdre, au final la bataille. Qu’un journal catholique participe au moins naïvement sinon sombrement à la manipulation franchit clairement la ligne de l’inacceptable. Nous en sommes au stade du Non fondateur, comportant sa part d’irrationalité et d’affirmation rageuse de la vie, celui de l’affirmation baptismale qui commence par là, celui de de Gaulle en 40, celui de Jean-Baptiste et de Thomas More.

C’est donc une bataille et non un débat qu’il faut préparer.

Une mission de conversion et non d’acceptation.


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