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Journée du souvenir / Déportation des homosexuels : retour sur un génocide

Publié le 23 avril 2011 par Veryfriendly

Journée du souvenir / Déportation des homosexuels  : retour sur un génocide Pendant la seconde guerre mondiale, les nazis ont déporté des hommes et des femmes parce qu’ils ou elles étaient homosexuelLEs. Les hommes étaient soumis au Paragraphe 175 du droit allemand qui pénalisait l’homosexualité masculine, et portaient le plus souvent un triangle rose dans les camps. Les femmes étaient souvent considérées comme asociales, certaines ont été arrêtées et déportées.
La journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation a lieu chaque année le dernier dimanche d’avril. A cette occasion, des cérémonies officielles de commémoration sont organisées un peu partout en France. Les associations homosexuelles ne sont pas toujours invitées à ces cérémonies.
De plus, même lorsqu’elles sont invitées, ces associations et leurs sympathisantEs ne sont pas toujours bien acceptéEs par l’ensemble des autres participantEs.

En 2001, Lionel Jospin, Premier Ministre, déclarait : " Il est important que notre pays reconnaisse pleinement les persécutions perpétrées durant l’occupation contre certaines minorités, les réfugiés espagnols, les tziganes ou les homosexuels."
En 2005, Jacques Chirac, Président de la République, déclarait : " En Allemagne, mais aussi sur notre territoire, celles et ceux que leur vie personnelle distinguait, je pense aux homosexuels, étaient poursuivis, arrêtés et déportés."
La Ville de Toulouse a honoré en février 2008 la mémoire de Pierre Seel, disparu le 25 novembre 2006, en baptisant une rue de la ville du nom du seul déporté français pour motif d'homosexualité à avoir témoigné publiquement.

Ces déclarations d’éminents représentants de l’Etat sont des actes politiques d’importance, mais ne sauraient toutefois constituer à elles seules les actes officiels par lesquels la République Française reconnaîtrait la déportation pour motif d’homosexualité. Les ministres des anciens combattants diffusent des directives variables selon les années, et les associations de déportés s'opposent parfois à la présence des LGBT lors du dépôt de la gerbe unique, c'est le cas à Marseille.

Depuis Ainsi depuis 1995, les homosexuels sont souvent tenus à l'écart de la cérémonie officielle et sont contraints de déposer leur propre gerbe. Parfois, comme à Marseille, ils sont officiellement invités, y compris en Préfecture pour la préparation des cérémonies commémoratives, mais demandent davantage : être associés au dépôt de la gerbe unique, et non plus seulement tolérés, assignés au dépôt d'une gerbe spécifique, après la cérémonie officielle.

Il est temps que la République reconnaisse officiellement la déportation pour motif d’homosexualité durant la seconde guerre mondiale, sans laisser cela au libre arbitre des uns ou des autres.


Des associations au front

A Angers, l'association Quazar, officiellement invitée chaque année, participe pour la première fois au financement de la gerbe commune.

A Lille et à Marseille, les associations ne sont toujours pas conviées.
Signez la pétition ici lancée par le colletif Marseillais

Les Flamands Roses (Lille) réclament dans une lettre ouverte au président Nicolas Sarkozy :
- Nous demandons que partout en France les associations portant le souvenir de la déportation pour motif d’homosexualité soient officiellement invitées en tant que telles à ces cérémonies.
- Nous demandons qu’un discours officiel, lu pendant les cérémonies partout en France, rende explicitement hommage à toutes les catégories de déportéEs, avec citation des différents motifs de déportation dont l’homosexualité. Cela pourrait être l’objet d’un discours rédigé par le Ministre des Anciens Combattants en concertation avec les associations portant le souvenir de la déportation.
- Nous demandons que les associations portant le souvenir de la déportation pour motif d’homosexualité soient associées à la préparation de ces cérémonies, dans un esprit de dialogue, de respect et de compréhension mutuels. Cela pourrait contribuer de plus au dialogue entre les générations et à la transmission de la mémoire. Nous rappelons ici que nous sommes très attachéEs à l’unité du souvenir de la déportation. C’est la raison pour laquelle, par exemple, nous demandons aux associations d’anciens Combattants, Résistants et Déportés d’accepter notre participation pour l’achat de la gerbe commune qu’elles déposent traditionnellement lors de chaque cérémonie en hommage à ``touTEs’’ les déportéEs.

VOUS VOULEZ NOUS RACONTER COMMENT CELA SE PASSE DANS VOTRE VILLE, LES COMMENTAIRES SONT OUVERTS !

Plus d'infos
Le site de la déportation homosexuelle

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